Questions – Réponses

  • Pourquoi exigez-vous, dans les critères de sélection, que les candidat-e-s exercent une activité professionnelle ?

  • Je suis motivé(e) pour entreprendre cette formation mais j’ai des revenus modestes, pourrais-je bénéficier de facilités de paiement ?

  • Quelle différence entre « accompagnement sensuel  » et « assistance sexuelle  » ?

  • Une assistance sexuelle qui ne propose pas de rapport sexuel avec pénétration est-elle moins complète ?

  • Pourquoi, dans les pays où la règlementation autorise la prostitution, les assistant-e-s sexuel-le-s ne se définissent-ils pas comme des travailleur-e-s du sexe ?

  • Que signifie : être en bonne santé ?


Pourquoi exigez-vous, dans les critères de sélection, que les candidat-e-s exercent une activité professionnelle ?

Parce que cela prouve qu’ils ont une autonomie financière et qu’ils n’attendent pas de vivre de l’assistance sexuelle : ce n’est pas le but de la formation.

Je suis motivé(e) pour entreprendre cette formation mais j’ai des revenus modestes, pourrais-je bénéficier de facilités de paiement ?

Cet obstacle ne doit pas vous empêcher de nous contacter pour que nous en parlions ensemble. Cependant, sachez que toute l’organisation de la formation (conception, logistique, préparation des regroupements, etc.) est réalisée de manière bénévole par les membres de l’association, et qu’il nous est difficile de louer des salles et de réunir des formateurs de qualité sans un minimum de financement.

Quelle différence entre « accompagnement sensuel  » et « assistance sexuelle  » ?

En employant ces deux termes, nous voulons d’abord marquer toutes les nuances de ces rencontres intimes qui se construisent à travers une large palette d’interactions, donnant accès à des plaisirs corporels variés.
Avec la notion d’accompagnement sensuel, on met l’accent sur des massages ou des caresses dont le but n’est pas de provoquer une excitation de haute intensité ni de déboucher sur un orgasme génital, mais de donner à vivre des sensations agréables qui aident à se réconcilier avec son corps quelles que soient ses blessures. L’accompagnement sensuel permet aussi des corps à corps intimes, habillés ou en nudité partielle, sans autre but que d’aider la personne bénéficiaire à découvrir, éprouver, goûter, évaluer la qualité des sensations qui lui sont proposées, sans se préoccuper de génitalité à proprement parler.
Avec la notion d’assistance sexuelle, il est possible d’intégrer à la sensualité des gestes plus érotiques permettant à la personne bénéficiaire de connaître ses réactions physiologiques et d’apprendre quelle fonction sexo-corporelle il lui est possible de vivre, en fonction de son handicap. De même, l’assistance sexuelle peut comporter la possibilité de prodiguer une masturbation, d’offrir des corps à corps en nudité totale, de passer de la sensualité à des moments de plaisirs sexuels plus caractérisés, ou encore de découvrir l’usage de sex-toys dans un but d’autonomie, etc.
En France, il est tout à fait légal d’exercer l’accompagnement sensuel. En effet, un rapport d’information de l’Assemblée nationale du 13 avril 2011 (Mission d’information sur la prostitution en France, n°3334) précise que des possibilités importantes sont ouvertes en l’état du droit : « Dès lors que tout acte sexuel est exclu, il faut noter que rien ne s’oppose à ce que la personne qui réalise un accompagnement sensuel et affectif soit rémunérée.  »
En Suisse, comme dans les pays où cette approche peut être pratiquée dans sa totalité, il est bon de considérer l’accompagnement sensuel et l’assistance sexuelle comme 2 aspects d’une même réalité, en fonction bien sûr des attentes des bénéficiaires et des choix des accompagnants.

Une assistance sexuelle qui ne propose pas de rapport sexuel avec pénétration est-elle moins complète ?

Non, car il y a de nombreuses façons de vivre la sexualité. Sachez d’ailleurs que bien des couples valides consultant pour des difficultés sexuelles sont souvent en échec à cause d’une vision trop normative de la sexualité. Un des traitements les plus efficaces consiste à les amener à découvrir la sensualité : ces derniers sont alors étonnés d’entrer dans un monde d’expériences plus vaste que lorsqu’ils se précipitaient vers un rapport sexuel « conforme  ».
Il est donc fondamental de comprendre qu’un accompagnement sensuel peut être aussi complet, voire plus riche pour le développement de la personne qu’une pratique proposant trop vite un rapport sexuel.
C’est aussi une des raisons pour laquelle il n’y a pas d’obligation pour un candidat ou une candidate à cette activité d’envisager d’avoir des rapports sexuels avec pénétration : c’est à chaque assistant-e de faire ses choix personnels, en tenant compte du contexte de son exercice sur le plan légal, des attentes de la personne demandeuse et des objectifs d’autonomie à plus long terme.

Pourquoi, dans les pays où la règlementation autorise la prostitution, les assistant-e-s sexuel-le-s ne se définissent-ils pas comme des travailleur-e-s du sexe ?

Au sein de Corps Solidaires, les assistant-e-s sexuel-le-s dans leur majorité sont issu-e-s de domaines variés (paramédical, artistique, ressources humaines…) et ils n’ont aucune raison de changer d’identité professionnelle parce qu’ils consacrent quelques journées par mois à donner des séances d’assistance sexuelle.
Mais d’autres parmi nous considèrent qu’il s’agit d’une forme de « travail du sexe spécialisé  », en précisant toutefois les différences d’avec le travail du sexe « classique  », à savoir la formation spécifique, le suivi des bénéficiaires en amont et en aval des rencontres, les objectifs d’autonomie, la rémunération établie sur un temps de séance (et non une liste de prestations), les supervisions etc.
Notre position, au sein de Corps Solidaires, est donc de considérer que c’est à chacun et chacune de définir son identité professionnelle en fonction de son ressenti et de son itinéraire.

Que signifie : être en bonne santé ?

Ce critère de sélection désigne ici la santé physique, à commencer par une certaine souplesse corporelle pour pouvoir aider une personne atteinte de déficiences motrices à se déplacer (aide au transfert fauteuil-lit par exemple).